DEUX EXEMPLES DU PASSÉ

Chez Platon et Bosch...

Si les Expériences de Mort Imminente (EMI) ont fait l’objet d’études au vingtième siècle, des récits ressemblant étrangement aux témoignages actuels d’EMI ont été rapportés il y a bien longtemps.

Vision d’un philosophe - La République de Platon[1]

Platon (428 av. J.-C. – 348 av. J.-C.) fait le récit d’une probable EMI dans le livre X de sa célèbre œuvre La République: le personnage d’Er meurt au combat. Il revient miraculeusement à la vie et raconte son périple dans l’au-delà : 

« […] il [Er] revécut et raconta ce qu’il avait vu dans l’autre vie : aussitôt, dit-il, que son âme était sortie de son corps [décorporation], il s’était mis en route avec une foule d’autres âmes [rencontre avec des défunts], et était ainsi arrivé en leur compagnie dans un lieu merveilleux [environnement magnifique], où se voyaient dans la terre deux ouvertures voisines l’une de l’autre, et deux autres au ciel qui répondaient à celles-là. Entre ces deux régions étaient assis des juges : dès qu’ils avaient prononcé leur sentence, ils ordonnaient aux justes de prendre leur route à droite par une des ouvertures du ciel, après leur avoir attaché, par devant un écriteau contenant le jugement rendu en leur faveur ; et aux méchants de prendre leur route à gauche par une des ouvertures de la terre, ayant derrière le dos un semblable écrit où étaient marquées toutes leurs actions [jugement et revue de vie]. […] Après que chacune de ces âmes eut passé sept jours dans cette prairie, il leur avait fallu en partir le huitième, et se rendre en quatre jours de marche dans un lieu d’où l’on voyait une lumière traversant toute la surface de la terre et du ciel, droite comme une colonne et semblable à l’Iris, mais plus éclatante et plus pure [lumière éclatante] »[2]

Le mythe d’Er comporte de nombreuses caractéristiques des EMI contemporaines : décorporation, rencontre avec des défunts, environnement magnifique, jugement et revue de vie et présence d’une lumière éclatante. Cependant, il y a quelques divergences entre les récits contemporains et celui de Platon, comme le fait par exemple que ce soient des « juges » qui évaluent les bonnes et mauvaises actions d’Er, alors que dans les témoignages contemporains, l’expérienceur est son propre juge. Dans l’hypothèse où ce mythe n’est pas pure imagination (ce qui est fort probable, étant donné la précision des sensations, visions et émotions ressenties par Er), il se peut que Platon ait recueilli des témoignages d’EMI ou qu’il en ait, peut-être, lui-même expérimentées. 

Vision d’un artiste – Jérôme Bosch[3]

Quelques siècles plus tard, c’est au tour du peintre néerlandais Jérôme Bosch (1450 - 1516) de représenter l’au-delà dans ses œuvres ; il réalise quatre panneaux à la peinture à l’huile s’intitulant Visions de l’au-delà, dont l’un (Montée des bienheureux vers l’empyrée ; Figure 1) reprend plusieurs éléments cités dans les témoignages d’EMI : on y voit le tunnel au bout duquel rayonne une lumière puissante, ainsi que les âmes qui guident les défunts à travers leur EMI. 

Conclusion

Il est impossible de distinguer la part d’imagination de la part du réel dans ces différentes œuvres. Les observer nous incite à nous poser des questions qui restent sans réponse : Jérôme Bosch et Platon ont-ils réellement vécu une EMI ? Ont-ils recueilli des témoignages d’expérienceurs ? Leurs œuvres sont-elles simplement le fruit de leur imagination ? Nous ne le saurons jamais, mais il est tout de même intéressant de relever les nombreuses coïncidences qui existent entre les témoignages contemporains et leurs travaux. 


[1] Inspiré de VAN LOMMEL, Pim. Mort ou pas ?, Paris : InterEditions, 2015, préface p. IX – X.

[2] PLATON. « L’intégralité des textes de Platon ». In Books Google. Consulté le 8 décembre 2019. <https://books.google.ch/books?id=lt0MCwAAQBAJ&pg=PT565&lpg=PT565&dq=&source=bl&ots=iI7C4cZGaX&sig=ACfU3U0vgBhcHtp_y5ZHb0m6YAKuRE8Ww&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjA8ciuhdPmAhULzMQBHWgGBVoQ6AEwAHoECAcQAQ#v=onepage&q&f=false>

[3] Inspiré de LALLIER, François. Le mystère des expériences de mort imminente, Paris : Leduc.s Editions, 2018, p. 39-40.