VIVRE APRÈS UNE EMI

« Il y a l'avant NDE[1] et l'après NDE. » [2].

L’Expérience de Mort Imminente (EMI) engendre des changements de vie profonds et permanents. Cette vision de la mort se répercute sur différents aspects de la vie : les croyances religieuses, les relations entre les personnes, les valeurs ou encore les orientations professionnelles. Ces répercussions, bien que différentes pour chaque expérienceur, se développent fréquemment dans les années qui suivent l’EMI. On peut les classer en deux catégories : les répercussions psychiques et les répercussions physiques.  

Les répercussions psychiques 

« Ce voyage, ces modifications, ont entraîné une nouvelle vision du monde induisant un nouveau fonctionnement. Avec moi-même mais surtout avec les autres. »[3]

Après une EMI, l’expérienceur commence une nouvelle vie : il se détache de ses biens matériels et se tourne vers une philosophie de vie basée sur l’amour, l’empathie, le partage. Le sentiment d’appartenance à une religion en particulier diminue souvent après une EMI, mais en revanche, l’attrait pour la spiritualité se renforce. La peur de la mort s’estompe (sauf quand l’EMI est négative[4]).

 Ces changements positifs peuvent souvent être précédés d’une période pendant laquelle l’expérienceur ressent de la nostalgie pouvant aller jusqu’à la dépression, du fait qu’il a connu l’état parfait (amour inconditionnel, béatitude, paix) pendant son EMI et que son retour sur terre s’est fait brutalement, le ramenant à toutes ses douleurs physiques et morales. Si sa revue de vie lui a montré beaucoup de moments négatifs, il peut aussi ressentir de la culpabilité et des regrets. Un sentiment d’être différent peut également se développer, car ses valeurs et sa manière de vivre ne sont plus compatibles avec celles de son entourage et de la société dans laquelle il vit (le taux de divorce, après que l’un des deux conjoints ait vécu une EMI, s’élève à une moyenne de 70%[5]). 

Il arrive assez fréquemment qu’à la suite d’une EMI, l’expérienceur développe de nouvelles capacités : clairaudience, clairvoyance, hyperintuition, médiumnité, précognition, décorporation… Ces dons, souvent très difficiles à gérer au début, se manifestent de manière incontrôlée et peuvent conduire à un renfermement sur soi et à un isolement. 

Les répercussions physiques 

L’expérienceur peut devenir hypersensible aux perceptions sensorielles (son, odeur, toucher, goût et à la vue, par exemple, hypersensibilité au soleil). 

Des symptômes de stress post-traumatique[6] (surtout après une EMI négative) peuvent apparaître, comme par exemple des reviviscences (souvenir récurrent et envahissant d’un évènement traumatisant ).

Enfin, après une EMI, on peut constater un phénomène qu’on appelle la guérison spontanée : le patient, atteint d’une maladie, guérit contre tout espoir alors qu’il n’est sous aucun traitement (ou juste en traitement palliatif). Le cas le plus connu est celui d’Anita Moorjani, atteinte d’un cancer des ganglions très avancé : alors qu’il n’y avait plus aucun espoir qu’elle se réveille du coma, Anita a vécu une EMI. Elle y a rencontré son père, qui l’a rassurée quant à son avenir. Quand Anita s’est réveillée, elle était persuadée qu’elle allait guérir. Au fur et à mesure, ses tumeurs ont disparu et sa maladie avec !

Une expérience difficile à intégrer

Tous ces changements sont très difficiles à accepter pour la personne et son entourage : l’incapacité à mettre des mots sur l’expérience et la peur du rejet d’autrui freinent l’envie de l’expérienceur de partager son EMI. Selon le Dr Van Lommel[7], le processus d’assimilation de l’expérience durerait au moins sept ans[8]. Ce processus peut être accéléré ou au contraire ralenti par la réaction de l’entourage et du corps médical. Une étude menée en 1990 par le Dr Cherie Sutherland[9] et citée dans le livre du Dr Van Lommel a montré que lorsqu’un expérienceur tentait de parler de son EMI avec son entourage, « 50 % des membres de la famille et 25 % des amis refusent le dialogue ; et 30% du personnel infirmier, 85% des médecins et 50% des psychiatres réagissaient négativement »[10].  Une réaction négative peut avoir de lourdes conséquences (dépression, isolement, renfermement sur soi) sur la manière dont l’expérienceur traitera son EMI. En revanche, l’acceptation de l’expérience peut être facilitée si l’expérienceur comprend qu’il n’est pas le seul à avoir vécu ce type de phénomène. C’est pour cela qu’informer à ce sujet est primordial : découvrir les EMI n’offre pas uniquement une nouvelle approche de la vie après la mort, mais peut également aider les expérienceurs à intégrer et accepter leur expérience. 

Paragraphe inspiré de VAN LOMMEL, Pim. Mort ou pas ?, Paris : InterEditions, 2015, p. 52-76 et de LALLIER, François. Le mystère des expériences de mort imminente, Paris : Leduc.s Editions, 2018, p. 89-106.

[1] NDE : Near-Death Experience, terme anglophone désignant l’EMI.

[2] Citation du témoignage de Sandra Böegly, à retrouver en intégralité dans la rubrique Plus.

[3] Citation du témoignage de Sandra Böegly, à retrouver en intégralité dans la rubrique Plus.

[4] Voir la définition dans la rubrique Qu’est-ce qu’une EMI ?, chapitre « Quelques notions ».

[5] LALLIER, François. Le mystère des expériences de mort imminente, Paris : Leduc.s Editions, 2018, p. 98.

[6] LALLIER, François. Le mystère des expériences de mort imminente, Paris : Leduc.s Editions, 2018, p. 94.

[7] Médecin néerlandais et auteur d’une étude scientifique sur les EMI publiée en 2001.

[8] VAN LOMMEL, Pim. Mort ou pas ?, Paris : InterEditions, 2015, p. 58.

[9] Sociologue australienne, chercheuse et experte dans l’étude sur les EMI à l’Université de New South Wales (Australie). 

[10] VAN LOMMEL, Pim. Mort ou pas ?, Paris : InterEditions, 2015, p. 69.