DIVERSES THÉORIES

Théories physiologiques 

Jusqu’à présent, aucune théorie scientifique n’a réussi à expliquer toutes les composantes d’une Expérience de Mort Imminente (EMI). Cependant, de nombreuses hypothèses ont déjà été élaborées concernant tel ou tel élément de l’EMI. La sensation de bien-être peut par exemple être expliquée par l’hypoxie[1] (l’hypothèse la plus répandue dans le monde scientifique) ou par l’hypercapnie[2]. La libération de DMT[3] dans le corps dans une situation de stress immense peut quant à elle être à l’origine de la sensation de décorporation. Aucune des hypothèses habituellement émises n’arrive toutefois à expliquer les phénomènes suivants : les EMI partagées[4], les visions à distance, le fait que les aveugles voient pendant leur EMI ou encore la découverte d’un membre de la famille dont l’expérienceur ignorait l’existence (je fais référence ici à l’EMI du Dr Eben Alexander, qui a rencontré sa sœur biologique pendant son EMI[5], et à celle de Colton Burpo, qui a découvert l’existence de sa sœur, morte in utero avant sa naissance[6].)

Théories psychologiques

Certains scientifiques pensent que les EMI seraient de simples hallucinations. Les hallucinations ne s’inscrivent pas dans la réalité et sont propres à une seule personne, contrairement aux EMI dont les descriptions sont presque systématiquement similaires. 

Une autre théorie stipule que l’EMI serait une sorte de rêve. Il existe en effet certaines ressemblances entre le contenu des rêves et le contenu d’une EMI : on peut y voir des éléments du futur (les rêves prémonitoires) ou y rencontrer des personnes décédées, et la notion de temps et d’espace n’existe plus. Plusieurs éléments viennent cependant contredire cette supposition. Les rêves se déroulent durant la phase de sommeil paradoxal, pendant laquelle le cerveau a une forte activité, alors que l’activité cérébrale est nulle pendant une EMI. De plus, les rêves finissent souvent par être oubliés, contrairement aux EMI qui marquent à vie ceux qui se souviennent d’en avoir vécues et qui engendrent même des changements comportementaux à long terme. 

Conclusion 

Notre connaissance actuelle du monde et du corps humain ne nous permet pas d’expliquer la cause et le contenu de l’EMI. Cette difficulté à l’expliquer réside dans le fait que les scientifiques tentent d’expliquer un phénomène irrationnel avec des modèles matérialistes : notre science repose sur l’idée que la matière est la seule réalité[7]. Sylvie Déthiollaz (docteur en biologie moléculaire et présidente de l’institut ISSNOE[8]) s’est prononcée à ce sujet dans un documentaire[9], dans lequel elle dit que « ces phénomènes [les EMI], si on les étudie, si on prend vraiment en compte ce qu’ils nous apprennent, […] remettent en question tout notre modèle de la réalité. ».


Paragraphe inspiré de LALLIER, François. Le mystère des expériences de mort imminente, Paris : Leduc.s Editions, 2018, p. 107-127 et de VAN LOMMEL, Pim. Mort ou pas?, Paris : InterEditions, 2015, p. 113-134.

[1] Hypoxie (= oxygénation du cerveau insuffisante) : cette théorie a été élaborée en 1997, lorsque des chercheurs ont comparé les sensations des pilotes d’avions avec les perceptions pendant une EMI : les pilotes, lorsqu’ils sont en vol, subissent l’accélération de leur avion, ce qui a pour conséquence de diminuer l’oxygénation de leur cerveau. A ce moment-là, ils rapportent avoir ressenti des sensations de bien-être et parfois avoir vu leur famille. 

Cette hypothèse ne peut pas expliquer les EMI pour plusieurs raisons : l’hypoxie entraîne une série de petits changements, comme des secousses musculaires ou des maux de tête, sensations qui contrastent fortement avec les perceptions et sensations de quiétude et de béatitude ressenties pendant l’EMI. 

[2] Hypercapnie (= augmentation du taux de dioxyde de carbone (CO2) dans le sang) : cette hypothèse vient des années 50, lorsqu’un psychiatre hongrois (Ladislas J. Meduna) traita ses patients atteints de schizophrénie en leur faisant respirer du CO2. Rarement, ses patients disaient avoir aperçu une lumière au bout d’un tunnel et également avoir eu la sensation de séparation du corps.

[3] DMT (diméthyltryptamine) = substance psychotrope très puissante ayant des effets hallucinatoires. Cette substance est également présente dans le corps, sécrétée en petite quantité par la glande pinéale (qui régule les rythmes biologiques). Dans une situation de stress, le corps libère des hormones qui sécrètent de la DMT. La DMT, prise en tant que drogue, provoque de nombreux effets proches de ceux ressentis pendant l’EMI : un sentiment d’amour infini, la vision d’êtres de lumières, la sensation de décorporation… De plus, comme l’EMI, la prise de DMT peut engendrer des changements comportementaux à long terme pour la personne qui en consomme. 

[4] Voir la définition dans la rubrique Qu’est-ce qu’une EMI ?, chapitre « Quelques notions ».

[5] Voir dans la rubrique Avis de la science, chapitre « Le cas du Dr Eben Alexander ».

[6] Voir dans la rubrique Cas d’EMI exceptionnelles, chapitre « EMI chez les enfants ».

[7] BEAUREGARD, Mario. « Manifeste pour une science post-matérialiste ». In Inrees, 2015. Consulté le 27 décembre 2019. < https://www.inrees.com/articles/Manifeste-science-Beauregard/>

[8] ISSNOE (Institut suisse des sciences noétiques) est une fondation basée à Genève consacrée à l’étude de la conscience, aux états modifiés de conscience non-ordinaires et à la recherche scientifique à ce sujet.

[9] TISTRYA. « En Conscience (Documentaire) » [Ajoutée le 25/09/16] 30'55. In YouTube. Consulté le 20 août 2019. <https://www.youtube.com/watch?v=sb2s7dbvChA>